Paradoxe : les Etats-Unis veulent copier le système de santé Français qui semble de son côté, partir aux oubliettes


etatVoilà une situation peu commune ! Alors que le monde entier nous envie notre système de santé qui a été, avec notre système social, un parachute pour parer à la crise économique mondiale, la France semble revenir sur les acquis de son système de santé alors même que les Américains, en la personne d’Obama, tentent de l’imiter… Ironie du sort ? En effet, en France, le trou de la « sécu » n’aura jamais été aussi grand avec près de 30 milliards cette année. De fait, le gouvernement s’apprête à augmenter le forfait hospitalier qui va passer à 18 euros. Il va aussi dérembourser bon nombre de médicaments, laissant aux mutuelles privées, le soin de combler la différence, mutuelles qui ont annoncé une augmentation des cotisations. Et, comme chacun sait, les petits revenus ne peuvent pas se payer de mutuelle… On semble donc revenir en France, à un système de santé à double vitesse.
Outre-Atlantique, c’est tout l’inverse qui se produit avec la réforme du système de santé voulue par Barack Obama, réforme qui se base justement sur ce qui se déroulait en France. Ce sera une Première dans les Etats-Unis d’Amérique à la mentalité si libérale ! Même si le texte débattu et qui va être probablement voté par le Sénat Américain, présente bien des lacunes, il faut reconnaître qu’il s’agit là d’une immense avancée et d’un très grand espoir pour des millions d’Américains qui n’étaient, faute de moyens, pas couverts par une assurance maladie. Plus question donc de moyens pour se soigner aux Etats-Unis, car il sera inscrit que chacun pourra bénéficier de l’aide médicale même si aucune caisse d’assurance-maladie ne sera gérée par l’Etat fédéral. Et puis, aux Etats-Unis, il y aura encore des restrictions sur les questions de l’avortement… Cela dit, après le tour de passe-passe entre les deux chambres, le principe d’une couverture maladie universelle sera inscrit dans la loi et par là-même, nul ne pourra y déroger. Bien sûr, il faudra des améliorations dans les textes, mais ces droits, une fois acquis, ne pourront plus être supprimés puisqu’ils seront inscrits dans la Constitution américaine. Même si le camp républicain a contribué à échauffer les esprits en dénonçant le spectre du socialisme à la Française, les 30 millions d’Américains qui ne bénéficient d’aucune assurance santé, ne trouveront probablement rien à redire à cette avancée historique aux Etats-Unis. Cela dit, sans assurance de santé publique, il sera quand même difficile pour un citoyen américain lambda d’adhérer, même si cette adhésion sera obligatoire, à une mutuelle ou à une caisse d’assurance santé. Si le principe même est une belle avancée, le fait de rester campé sur des positions laissant faire des assurances privées n’est pas de nature à décourager ceux qui, en France, voudraient faire de même avec la Sécurité sociale.
Mais en France, heureusement encore pour les plus pauvres, la CMU existe bel et bien. Ce seront les Smicards et les classes moyennes qui seront une nouvelle fois les plus touchés avec l’augmentation des prélèvements obligatoires.
Serait-ce donc une partie de « vases communicants » qui se produit actuellement, à distance, entre la France et les Etats-Unis ? Les dirigeants libéraux actuels de l’une enviant le système américain et les Américains de base enviant le système français ? En France, l’on sait déjà que les compagnies d’assurances privées internationales se frottent les mains…


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